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Mavrya

Andrea Liberovici

Mavrya

pour violon et piano

d’après diverses improvisations d’Ivry Gitlis

en hommage à Martha Argerich et Ivry Gitlis

Le titre, Mavrya, composé de trois lettres du prénom Martha et de trois lettres du prénom Ivry, signifie en hébreu ancien « création ». L’idée du titre est venue à Ivry un soir, il y a de cela deux mois, après que je lui eus parlé de la profonde émotion que j’avais ressentie en l’écoutant jouer avec Martha Argerich. Une émotion suscitée par le son merveilleux et par la beauté, unique et incomparable, de leur empathie et de leur amitié, qui transparaissaient dans chaque geste musical. Si le concert auquel j’ai eu la chance d’assister m’a permis de comprendre bien des choses sur la musique, il m’a surtout appris que seule l’amitié peut donner naissance à la véritable musique.

J’ai ainsi voulu écrire, pour remercier ces deux artistes extraordinaires, ce petit hommage pour lequel je me suis inspiré de plusieurs improvisations enregistrées pour moi par Ivry en 2003. Il y a, dans les improvisations d’Ivry, des échos de toute la littérature classique pour violon de Tchaïkovski à Berg, de Bach à Sibelius, en passant rapidement et avec ironie par les études de Kreutzer, mais il y a surtout un secret qui se dévoile à chaque note: la joie. Une joie profonde et légère forgée par la conscience que la vie elle-même est l’expression de son propre son intérieur (l’âme?) et donc que la vie elle-même est musique.

Andrea Liberovici, juin 2014